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Tribune de l'Eau

11/07/2008

« Nous vivons dans le monde des droits de l’homme. Alors pourquoi subventionner l’eau pour l’économie ? »

Pedro Arrojo n’essaie pas, bien au contraire, d’éluder le sujet de l’économie lorsqu’il parle de l’eau, tel qu’il apparaît dans son essai « La nouvelle culture de l’eau et la durabilité face aux nouveaux défis posés par le XXIe siècle », paru dans la collection « Palabras del Agua »

L’eau est un droit essentiel à la survie et c’est principalement à cette fin qu’elle doit être utilisée. Elle peut ensuite être utilisée comme un accès à la citoyenneté et, en dernière instance, servir à l’économie. C’est dans cet ordre que Pedro Arrojo envisage l’utilisation de l’eau, sans oublier à aucun moment que celle-ci doit être durable.

La Nueva Cultura del Agua [la nouvelle culture de l’eau] est une expression qui résume parfaitement les approches scientifiques de nombreux experts qui, après s’être faits entendre et avoir obtenu gain de cause dans leur lutte contre les grands ouvrages hydrauliques que prévoyait le Plan hydrologique national, souhaitent à présent restituer une eau propre aux rivières et aux personnes.

Pedro Arrojo affirme que le premier pas à effectuer pour y parvenir est le changement de mentalité. Les habitants de notre planète doivent partir de la même base et tous être égaux, car nous avons tous les mêmes droits. Il dénonce, d’une part, le fait que la mondialisation ne confère des droits qu’à l’argent et, d’autre part, que l’eau soit subventionnée pour l’économie et non pas pour la consommation là où elle ne peut être payée.

L’essai que Pedro Arrojo a publié dans la collection « Palabras del Agua » part d’une donnée bien connue : sur la planète, plus d’un milliard de personnes ne bénéficient toujours pas d’un accès à l’eau potable. Il nuance ensuite cette donnée : « ces personnes ne meurent pas de soif, elles meurent pour avoir consommé une eau sale ». Car cette ressource, en plus d’être mal répartie, est polluée.

En plus de l’eau comme droit humain, Pedro Arrojo parle du tournant que la directive-cadre sur l'eau a pris dans l’approche qui doit être appliquée à sa gestion : elle ne doit plus être considérée comme une ressource mais comme partie intégrante d’un écosystème. Adoptée en 2000, les pays de l’Union européenne ont jusqu’en 2015 (date limite) pour modifier leurs politiques et appliquer cette directive. L’un des objectifs fixés est la restauration des cours d’eau. Les résultats commencent d’ailleurs à être visibles. Pedro Arrojo prend l’exemple de l’Èbre, moins pollué qu’il y a dix ans étant donné que la directive européenne exige que l’eau soit épurée avant d’être rendue au fleuve. Cependant, derrière cette évolution vers une perspective écologique, on retrouve, selon Pedro Arrojo, le pragmatisme « économiciste » des Anglo-saxons, qui se sont aperçu qu’il n’est dans l’intérêt de personne de maltraiter la poule aux œufs d’or.

C’est ainsi que Pedro Arrojo a résumé, au pavillon de la Tribune de l’eau, son essai intitulé « La nueva cultura del agua y la sostenibilidad ante los nuevos retos que plantea el siglo XXI ». Il affirme sans détour que seule une gestion participative garantissant durablement l’accès à l’eau et l’assainissement pourra venir à bout de la crise de l’eau, des inégalités et de la pauvreté. Tels sont ses mots de l’eau.

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« Nous vivons dans le monde des droits de l’homme. Alors pourquoi subventionner l’eau pour l’économie ? »

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