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Agora

25/07/2008

Inés Restrepo : “les technologies portent l’ADN des sociétés qui les ont créées”

La chercheuse de l’université del Valle de Colombie a présenté à Saragosse un ensemble de propositions apportant des solutions de gestion des ressources hydriques

« La sostenibilidad hídrica en comunidades rurales: avances, experiencias y lecciones », (La durabilité hydrique dans les communautés rurales : progrès, expériences et leçons) est le titre du nouveau livre de la collection « Paroles de l’eau ». À cette occasion, c’est la chercheuse en personne, Inés Restrepo, qui a présenté son ouvrage, analysant durant presque deux heures, à l’agora, les effets des projets des institutions sur la gestion de l’eau.

« La plupart des technocrates qui proposent des solutions pour les zones rurales n’y ont jamais vécu » : c’est sur ce ton critique qu’Inés Restrepo a évalué les problèmes de la gestion de l’eau en Colombie. La spécialiste a souligné qu’il existe de nombreux clichés sur l’usage de l’eau dans le monde rural, les agriculteurs étant considérés comme des gaspilleurs d’eau alors que le résultat de ses études démontre le contraire. La consommation d’eau dans une famille rurale est de deux cent treize litres par jour et par personne alors que dans les villes, elle atteint trois cents litres par jour et par personne. La chercheuse avance de telles données en connaissance de cause après s’être rapprochée de la réalité du monde rural : « les habitants de ces régions sont conscients du fait que sans eau, ils devront vendre leur terre ».

Sur l’alimentation en eau, Inés Restrepo est très surprise que son pays privilégie l’extraction des eaux souterraines dans un des endroits les plus pluvieux du monde, trouvant dommage que la pluie ne soit pas utilisée comme une ressource hydrique. Elle a également évoqué le traitement des eaux usées, en se demandant « pourquoi utilisons-nous de l’eau potable dans les WC ? alors qu’en fait, nous n’utilisons que six litres d’eau potable par jour. De plus, le cas concret des toilettes est un exemple de technologie qui n’a pas fonctionné en Amérique latine. C’est pourquoi Inés Restrepo défend le fait que « les technologies portent l’ADN des sociétés qui les ont créées ».

La spécialiste affirme que les projets de gestion de l’eau ne doivent pas être linéaires des hiérarques aux bénéficiaires, mais plutôt circulaires et que dans la création d’un projet, l’ingénieur est aussi important que la personne qui vit dans la région. L’objectif est de faire évoluer les mentalités pour construire des infrastructures qui aident vraiment les personnes et impliquent un service et un mode de cohabitation pour les communautés.

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Inés Restrepo : “les technologies portent l’ADN des sociétés qui les ont créées”
La chercheuse, Inés Restrepo, a présenté à l’Agora son texte pour la collection Paroles de l’eau.

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